samedi 4 mars 2017

5 - Refus de publication et raison du blogue

Pourquoi présenter cet article dans un blogue, plutôt que dans une revue académique?

Le but de cette publication est premièrement d’expliquer pourquoi cet article est présenté dans un blogue, plutôt que dans une revue scientifique, qui serait à mon avis sa juste place, puis de présenter le refus des deux revues auxquelles j’ai soumis mon article.

Au départ, j’ai considéré la publication de l’article dans une revue scientifique pour y gagner en crédibilité. Ceci aurait été la meilleure chose à faire pour que le contenu y soit pris au sérieux dans les milieux les plus réputés. Cependant, le processus étant long et fastidieux, j’ai décidé de l’interrompre pour le mettre en ligne directement.

Pour le néophyte, le processus de publication dans les revues scientifiques peut prendre entre 1 à 2 ans entre la première soumission et la publication dans un journal. Le processus comprend généralement un refus ou plus et un processus de révision suite à la réception des commentaires. Chaque refus retarde le processus de 4 à 6 mois.

Ayant essuyé deux refus, ce qui n’est pas inhabituel, j’ai décidé d’interrompre le processus. J’ai agi ainsi parce que j’ai rapidement senti que le sujet était peut-être politiquement trop sensible pour certaines revues. La recherche d’une revue dont les visées cadrent avec le sujet de l’article et qui accepterait de publier celui-ci risquait donc d’être plus ardue. Comme je travaille sur ce projet durant mes temps libres, l’énergie que je peux y consacrer dans un processus de soumission est limitée et j’ai donc décidé de publier directement sur ce blogue.

Les sections suivantes de cette publication présenteront les deux refus que j’ai essuyés et j’expliquerai pourquoi je pense que ces refus sont probablement politiquement orientés.

Note : Dans le but d’éviter d’éventuels conflits inutiles avec lesdites revues, je garderai le nom de celles-ci confidentiel.

Première tentative de publication dans une revue académique

J’ai d’abord tenté de faire publier mon manuscrit dans une revue académique québécoise réputée. J’ai eu la chance de lire plusieurs articles tirés de cette revue et je trouvais que mon article y serait pertinent.

J’ai entrepris les démarches de soumission à l’été 2016. Mon article n’a pas dépassé l’étape de présélection par le comité éditorial. On me reproche de ne pas avoir fait « la recension des écrits sur le sujet qui est incomplet notamment en ce qui a trait aux perspectives démolinguistiques et aux échanges qu’elles ont suscités au cours des ans ».  Cependant, il est de nature évidente que mon article traite d’ethnicité et non de démolinguistique. Il est absolument certain que le comité éditorial ne s’est pas trompé à ce sujet et il serait de toute façon inutile de réaliser et de publier un tel travail sur la démolinguistique, puisque nous avons amplement de statistiques sur le sujet et nombre de démographes réputés y ont travaillé. Je crois que le comité éditorial appréhende les implications politiques et les vagues qu’un tel article pourrait soulever. Bien que les professeurs d’université jouissent de liberté académique, leur groupe de recherches dépend des subventions gouvernementales. Je comprends que leur réponse est une façon non contraignante de me dire non.

La réponse qu’on m’a donnée est reproduite dans son intégralité dans l’extrait suivant :

« D’abord je m’excuse de ne pas vous recontacter plus tôt, mais comme vous le savez la rentrée est une période bien occupée. Donc j’ai bien reçu votre manuscrit le 21 août. Compte tenu de nos derniers échanges, j’ai discuté à nouveau la situation avec des membres du comité de rédaction. Après avoir parcouru votre texte, ces personnes considèrent qu’il ne peut être envoyé en évaluation externe dans son état actuel. Les principales remarques portent sur la recension des écrits sur le sujet qui est incomplète notamment en ce qui a trait aux perspectives démolinguistiques et aux échanges qu’elles ont suscités au cours des ans.  Elles concernent aussi la méthodologie utilisée, dont les mérites par rapport aux approches les plus courantes devraient aussi faire l’objet d’un examen.  Je dois aussi vous dire que le comité a été indisposé par le fait que vous ayez d’abord soumis avec l’intention de publier sous un faux nom, dans une revue scientifique qui a un devoir de transparence et qui vise à favoriser les échanges entre acteurs d’un champ donné. Dans ce contexte, je vous réitère ma suggestion de vous tourner vers d’autres avenues de publication et je vous souhaite bonne chance dans la poursuite de vos travaux.»

Note : Oui, vous avez bien lu, je désirais soumettre mon article sous un pseudonyme. Je sais que les conclusions de mon article peuvent faire des vagues. Ainsi, je désirais me mettre à l’abri.

Seconde tentative de publication dans une revue académique

Puis, suite à mon refus, j’ai choisi de publier dans une revue canadienne bilingue en octobre 2016. Je me disais que le sujet pouvait être moins politiquement sensible dans le Canada qu’au Québec. Mon article a été envoyé à deux évaluateurs externes qui ont commenté mon article. Le refus de publication, ainsi que les commentaires des évaluateurs m'ont été transmis le 7 février 2017.

En ce qui concerne l’évaluateur #1, il a formulé plusieurs commentaires. Dans certains cas, on parle de correctifs mineurs pouvant être apportés, dans d’autres cas la rigueur intellectuelle des commentaires est discutable. La grande majorité de ses commentaires pouvant être réfutés, le refus de publication, basé sur ses commentaires, est douteux. Plusieurs questions de l’évaluateur trouvent une réponse claire et directe dans le manuscrit (commentaire #4, #5 et 17 présentés plus bas). Cela démontre que l’évaluateur a fait un travail bâclé.

Les commentaires de l'évaluateur #2 sont assez révélateurs. Premièrement, pour une étude rédigée en français pour une revue qui se targue d’être bilingue, il est étrange de recevoir des commentaires en anglais. Et deuxièmement, les commentaires ne sont ni développés ni justifiés par des arguments bien détaillés.

Si ce n’était que des commentaires de l’évaluateur #1, je ne pourrais pas dire que ce refus est politiquement orienté. Cependant, les commentaires de l’évaluateur #2 en seulement 65 mots me laissent supposer qu’il est possible, sans exclure d’autres possibilités, que l’article ait été refusé pour des raisons politiques. De plus, exactement deux semaines avant que je subisse ce nouveau revers, soit le 25 janvier 2017, Statistique Canada publiait un article intitulé « Immigration et diversité : projections de la population du Canada et de ses régions, 2011 à 2036 », qui affirmait entre autres qu’en 2036, la moitié des Canadiens serait des immigrants de première et de deuxième générations (http://www.statcan.gc.ca/pub/91-551-x/91-551-x2017001-fra.htm). L’analyse canadienne des données va dans le même sens que l’analyse québécoise des données que j’ai effectuée. Cela démontre indirectement que ma méthodologie génère des résultats réalistes puisqu’ils vont dans le même sens que ce qui est publié ailleurs.

Les commentaires des évaluateurs externes #1 et #2 seront présentés dans la section ci-dessous. Chaque commentaire sera suivi d’une contre-argumentation pour démontrer que le refus repose sur une argumentation fragile.

Commentaires des évaluateurs externes et contre-argumentation

Évaluateur externe #1

« Il y a plusieurs problèmes importants avec cette étude. De nombreux changements seraient nécessaires afin de pouvoir publier ces résultats dans une revue scientifique. Voici les problèmes plus importants : »

Commentaire #1

« La question de recherche est intéressante, mais n’est pas suffisamment développée et balisée. Il n’y a aucune explication quant à l’utilité de cette recherche ou les raisons ayant poussé les auteur(s) à se pencher sur cette question. »

Réponse de l’auteur :

C’est suffisamment balisé. Le dernier paragraphe de l’introduction circonscrit suffisamment les objectifs de l’étude : « L’objectif principal de ce travail est de présenter l’impact de l’immigration de masse sur le poids démographique des CFQ en date d’aujourd’hui et pour les années futures. Dans une seconde mesure, ce travail permettra de montrer en quelle année les CFQ deviendront une minorité au Québec et d’illustrer les effets de l’immigration sur le vieillissement par le biais de la pyramide des âges et du rapport de dépendance.

De plus, en introduction je mentionne que « les données actuelles de recensement ne permettent pas de connaître la situation actuelle » à propos du poids démographique des Canadiens-français au Québec. Ceci indique très clairement que la donnée actuelle ne permet pas de répondre à une portion de la question, c'est-à-dire quel est le poids démographique de l’ethnie canadienne-française au Québec en date d’aujourd’hui, et donc qu’un travail s’impose à ce sujet.

Commentaire #2

« Les conséquences des résultats ne sont pas discutées, même si on détecte une certaine inquiétude, trahie notamment par l’utilisation d’un langage qui n’est pas toujours neutre (j’y reviens plus loin).»

Réponse de l’auteur :

Je ne discute pas de mes motivations à me pencher sur ce sujet et je ne discute pas des conséquences des résultats de l’étude justement parce qu’il est facile de glisser dans le domaine du subjectif. L’aspect des conséquences des résultats doit être considéré ailleurs.

En ce qui concerne la neutralité du langage, on y reviendra plus loin…

Commentaire #3

« Le phénomène étudié n’est pas propre au Québec, mais une réalité présente dans un très
grand nombre de pays. Il serait utile de placer la question de recherche dans un contexte plus
global. »

Réponse de l’auteur :

Je ne vois pas l’intérêt d’alourdir le texte et de s’écarter de l’objectif principal en présentant celui-ci dans un contexte plus global. Notre sujet d’étude est circonscrit à la province de Québec.

Commentaire #4

« Il serait primordial d’établir des définitions claires dès le début, car le lecteur manque
rapidement de repères. Par exemple, lorsque l’on parle d’un Canadien français du Québec au
deuxième paragraphe de l’introduction, plusieurs définitions sont possibles. »

Réponse de l’auteur :

Je comprends que le « reviewer » commente avant d’avoir terminé la lecture du document.  Le terme Canadien-français du Québec est très bien décrit dans le troisième paragraphe de l’introduction. Par contre, une mention plus rapide aiderait le lecteur. J’en prends bonne note et je déplace cette section pour le placer après le premier paragraphe.

Voici l’extrait en question, je crois que c’est très clair à ce sujet.
« Dans le cadre de ce travail, il est important de définir le terme « Canadien-français du Québec ». Nous définirons comme Canadien-français du Québec (CFQ) tout individu dont la grande majorité des ancêtres est issue de la colonisation française arrivée avant la conquête de la Nouvelle-France en 1760. La composition génétique des CFQ sera décrite plus loin dans cette introduction. »

Commentaire #5

« En fait, on ne définit le concept de CFQ que loin en introduction. On aurait dû le faire avant,
et expliquer son intérêt. En outre, la définition n’est pas claire : qu’est-ce qu’une grande
majorité? Comment ce concept est-il opérationnalisé? »

Réponse de l’auteur :

J’ose espérer que le « reviewer » a écrit ce commentaire avant de terminer la lecture de l’introduction. Le bagage génétique des CFQ est décrit plus loin en se basant sur les travaux d’Hélène Vézina; on y mentionne autre que les Canadiens français mariés entre 1945 et 1965 ont 95% de leurs ancêtres qui proviennent de la France.

Ce commentaire laisse présager que l’évaluateur a commenté le texte au fur et à mesure qu’il lisait celui-ci. Pour être rigoureux, il aurait dû d’abord lire le texte avant de commenter puisque plusieurs de ces questions se trouvent à même le manuscrit.


Commentaire #6

«  Il en est de même pour plusieurs concepts dans l’étude. J’ajouterais ici que la nature sensible
du sujet requiert qu’un soin particulier soit donné à la définition des concepts et à leur
justification. »

Réponse de l’auteur :
Je ne m’attarderai pas sur les commentaires vagues qui ne sont pas appuyés par des exemples et des précisions.

Commentaire #7

« On peut penser qu’il peut y avoir, au cours de la vie des individus, des changements dans la
façon dont ils déclarent leur origine ethnique. Cet enjeu, qui pourrait avoir des conséquences
sur les projections, n’est pas soulevé. C’est un problème. »

Réponse de l’auteur :

Ce commentaire démontre que le « reviewer » n’a pas pris soin de lire attentivement l’article, mais a plutôt décidé de critiquer à la pièce certains passages. Je n’utilise pas les données de recensement concernant l’ethnie déclarée. De plus, en introduction, je prends soin d’expliquer au lecteur que les données d’ethnies déclarées n’ont aucune valeur scientifique.

Voici un extrait de l’introduction de mon article qui montre que l’évaluateur a fait une lecture rapide en diagonale du texte. Autrement, il aurait trouvé réponse à sa question à même la première page du texte:
« Les données actuelles de recensement ne permettent pas de connaître l’état exact de la situation étant donné qu’un Canadien-français du Québec (CFQ) peut se définir comme Québécois, Français, Canadien ou Canadien-français, alors qu’un Québécois qui n’est pas un canadien-français ou un descendant d’immigrants peut aussi se définir comme Canadien, Québécois ou Français. De plus, les individus peuvent s’identifier à plus d’une catégorie. En 2006, 2 151 655, 4 474 115 et 140 075 individus ont respectivement indiqué être Français, Canadien et Québécois (Statistique Canada 2006). Il est alors impossible de différencier les CFQ des anglophones québécois, des immigrants en provenance de la France et des descendants d’immigrants. Le manque de rigueur des données de recensement concernant l'ethnie rend ainsi ces données inutilisables. »

De plus, l’évaluateur n’a rien compris; je n’utilise pas les données ethniques de recensement. J’utilise 1971 comme point de départ et je modélise l’évolution de l’ethnie canadienne-française pour les années suivantes. Ainsi en terme ethnique, en 1971, nous avons 79% de Canadiens-français et 21% de Canadiens non-français. Nous comptabilisons ensuite les immigrants et leurs descendants arrivés après 1971. Tel que spécifié, les chiffres de 1971 proviennent de démographe Robert Maheu (1973) dont la référence est inscrite dans la section des références.

Commentaire #8

« Les données et les variables utilisées, ainsi que les limites qui leur sont inhérentes, pourraient
être mieux décrites. »

Réponse de l’auteur :

Le texte fait déjà 10 000 mots. Je ne vois pas l’intérêt de l’alourdir avec des détails. De plus, les variables et leurs limites sont suffisamment décrites relativement à l’impact qu’ils ont sur la réponse finale. 

Commentaire #9

« L’introduction devrait aussi éduquer le lecteur sur le sujet, et lui donner des outils pour bien
comprendre la question et interpréter les résultats. On ne le fait pas. »

Réponse de l’auteur :

Ce n’est pas un article de vulgarisation.

Commentaire #10

« Attention aux raccourcis : Dans la partie II, cette phrase : « L’augmentation de la population québécoise est ainsi due uniquement à l’immigration. » Globalement, l’accroissement naturel peut être négatif, mais les naissances continuent d’alimenter une population. Si l’accroissement démographique n’était dû qu’à l’immigration, les CFQ diminueraient rapidement pour disparaître complètement au bout d’un peu plus d’un siècle. »

Réponse de l’auteur :

Je suis d’accord:  « uniquement » était de trop.  La phrase correcte serait de dire « L’augmentation de la population québécoise est ainsi due principalement à l’immigration. ».   C’est une erreur insignifiante.

À titre informatif, petite référence pour montrer que l’immigration est le principal moteur de l’accroissement démographique : « Croissance démographique: l'accroissement migratoire l'emporte sur l'accroissement naturel » - http://www.statcan.gc.ca/pub/11-630-x/11-630-x2014001-fra.htm

Commentaire #11

«  Attention aux raccourcis : « Donc, l’immigration n’a pas eu l’effet démographique souhaité, c’est-à-dire limiter les effets du vieillissement ».  Je ne crois pas que c’était le seul objectif souhaité. En outre, une telle affirmation demande d’être validée (peut-on référer à un document prouvant les intentions derrière les politiques d’immigration?). »

Réponse de l’auteur :

Au niveau politique et médiatique, on nous a beaucoup vendu l’immigration comme un remède au vieillissement de la population. Vous n’avez qu’à taper « immigration vieillissement de la population » dans le moteur Google pour y voir le nombre d’articles de journaux qui en parlent. Les auteurs Marois et Dubreuil s’étaient d’ailleurs attaqués spécifiquement à ce mythe tenace dans leur livre « Le remède imaginaire ».

Je ne croyais honnêtement pas avoir à  justifier cette affirmation qui a été largement discutée sur la place publique! Mais je le ferai puisqu’on m’y oblige.

Dans nos politiques gouvernementaux d’immigration, le vieillissement de la population est abordé de front comme justification fondamentale de notre système d’immigration. Dans le document intitulé « Politique québécoise en matière d'immigration de participation et d'inclusion » publiée en novembre 2015 par le gouvernement du Québec, il est clairement stipulé que le vieillissement de la population est parmi les « les prémisses de base » de notre immigration. J’ajouterai donc cette source au document final qui sera publié. Voici un extrait des pages 5 et 6 :

« Une contribution à la croissance économique

Comme bien d’autres sociétés, le Québec connaît des changements démographiques dont le rythme s’accélère : le ralentissement de la croissance de sa population, le recul de sa population en âge de travailler ainsi que le vieillissement de sa population. Sans l’augmentation de la productivité, ces changements auront des conséquences sur la prospérité du Québec. Il est donc nécessaire de passer à l’action pour les atténuer.

Ces changements ont un impact sur la croissance économique qui, lorsque mesurée par la hausse du produit intérieur brut (PIB) réel, repose sur trois composantes principales :

·       la croissance démographique, notamment l’augmentation de la population de 20 à 64 ans, qui représente le bassin de travailleuses et de travailleurs potentiels;
·       la part de la population qui occupe un emploi ainsi que le nombre d’heures qu’elle y consacre;
·        l’amélioration de la productivité, mesurée par la production par personne ou par heure travaillée.

Au cours des dernières décennies, la croissance du PIB réel au Québec s’est appuyée à parts à peu près égales sur ces trois facteurs. Le Québec connaît toutefois un vieillissement de sa population à la fois plus rapide et plus marqué qu’ailleurs au Canada et dans la plupart des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) . De plus, le poids démographique du Québec dans le Canada diminue d’année en année, quoique de façon moindre au cours des dernières années. Le nombre plus important de personnes immigrantes admises depuis 2010 et la réduction de l’écart entre le taux de croissance démographique du Québec et celui du Canada expliqueraient cette situation plus favorable.

Or, selon les perspectives démographiques, en supposant le maintien d’un niveau d’immigration de 50 000 admissions permanentes par année, la taille de la population en âge de travailler connaîtrait un recul marqué entre 2016 et 2031, entraînant une rareté de main-d’œuvre, particulièrement dans certaines régions et secteurs d’activité. La population en âge de travailler connaîtrait par la suite une certaine croissance, limitée toutefois, mais elle ne retrouverait son niveau de 2011 qu’en 2036 et ne devrait que très peu varier à long terme par rapport à son niveau actuel. Ainsi, seuls les gains sur le plan de la productivité et du taux d’emploi devraient contribuer à la croissance du PIB réel.

Selon les perspectives démographiques, à partir d’un niveau de 60 000 personnes immigrantes admises annuellement, le Québec éviterait un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 et cette population augmenterait à nouveau et de manière plus marquée à long terme. L’apport de l’immigration à la croissance économique s’illustre notamment par la proportion des personnes immigrantes qui déclarent un revenu de salaire quelle que soit la catégorie d’immigration dans laquelle elles sont admises. Cette proportion croît avec la durée de résidence et se fixe à plus de 70 % après cinq ans. Il est par ailleurs à souligner que la proportion de personnes immigrantes qui déclarent être travailleuses ou travailleurs autonomes est plus élevée que parmi la population native. Ainsi, bien que les obstacles à la croissance économique future restent importants, l’immigration peut jouer un rôle de premier plan pour maintenir, à long terme, une croissance économique la plus favorable possible. » 

La politique d'immigration du gouvernement du Québec est disponible à l'adresse suivante : http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/dossiers/Politique_ImmigrationParticipationInclusion.pdf

Commentaire #12

« De nombreuses analyses ont déjà été réalisées à propos l’impact de l’immigration sur la
composition d’une société d’accueil, dont certaines au Canada. On n’a pas cru bon d’en tenir
compte. »

Réponse de l’auteur :

On n’a pas cru bon d’en tenir compte parce qu’il n’en était d’aucune utilité. L’objectif de l’étude n’est pas d’étudier l’impact de l’immigration sur la composition d’une société d’accueil en général; l’objectif est de déterminer le poids démographique actuel des Canadiens-français du Québec, le poids démographique futur et l’impact de l’immigration sur celui-ci.

Commentaire #13

«  Il en est de même en ce qui concerne l’analyse de l’impact de l’immigration sur le vieillissement de la population, un sujet amplement étudié. En outre, les méthodes utilisées ici sont beaucoup trop simplistes pour apporter quoi que ce soit de nouveau. Enfin, de façon générale, cette seconde partie s’articule mal avec la première et complexifie passablement l’article. »

Réponse de l’auteur :

« Il en est de même en ce qui concerne l’analyse de l’impact de l’immigration sur le
vieillissement de la population, un sujet amplement étudié. »

Pareillement au commentaire précédant, l’objectif est de donner une réponse spécifique pour le Québec. Les résultats pour les autres pays seront variables selon leur politique d’immigration et on sait déjà que le Canada est un des pays ayant le taux d’immigration parmi les plus élevés au monde.

« En outre, les méthodes utilisées ici sont beaucoup trop simplistes pour apporter quoi que ce soit de nouveau. »

Dois-je rappeler que le poids démographique des Canadiens-français du Québec en tant qu’entité ethnique est une donnée inexistante dans la littérature? Affirmer que ma méthode est trop simpliste sans argumenter et sans donner d’exemple à l'appui donne peu de valeur à l’affirmation. En 1986, Jacques Henripins, père de la démographie québécoise, avait utilisé une méthode simple et pourtant très efficace pour démontrer que l’immigration mènerait à la mise en minorité des Canadiens-français du Québec.

« Enfin, de façon générale, cette seconde partie s’articule mal avec la première et complexifie passablement l’article. »

Il est vrai qu’il aurait été plus simple de scinder l’article en deux. Cependant, cela aura retardé le processus de soumission de l’article. C’était une option considérée initialement.

Commentaire #14

« Il y a des problèmes avec le vocabulaire utilisé. On emprunte des termes souvent péjoratifs,
parfois inadéquats, et souvent imprécis. Une expression telle que « immigration de masse »
est teintée de jugement. Si un tel terme doit être utilisé dans un article scientifique, cela doit
être expliqué.

Réponse de l’auteur :

« Une expression telle qu’« immigration de masse » est teintée de jugement. Si un tel terme doit être utilisé dans un article scientifique, cela doit être expliqué. » 

Une recherche rapide sur Google Scholar avec le terme « mass immigration » démontre que l’expression est largement utilisée dans la littérature scientifique - https://scholar.google.ca/scholar?hl=fr&q=mass+immigration&btnG=&lr

Je laisserai soin au lecteur de lire ce passe d’un article, « Mass Immigration », écrit par Binh Pok paru dans « The Wiley-Blackwell Encyclopedia of Globalization » - http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/9780470670590.wbeog370/full.

«  The third and last great wave of mass migration is the one in which the contemporary world finds itself – commonly referred to as the post-1965 era of mass migration. As in previous waves, this migration is taking place during a period of progressive and extensive global economic interdependence and integration (perhaps the greatest yet) with advances in travel making it possible for many more people to migrate greater distances for less money. Moreover, innovations in technology and communication have also lowered the “personal and social cost” of migration as new tools make it easier for those who leave to maintain contact with those who stay (Foner 2005). In short, the world has become somewhat “smaller” in terms of migration.

 This current migration is distinct from the two previous waves for three main reasons:

1) a geographical shift between sending and receiving countries
2) the sheer scale of migration, and
3) the environment in which this migration is taking place.

While the first two waves were characterized largely by movement from a more industrialized Europe (and Africa, through coerced migration) to less industrialized areas of the world, migrants in the current wave are primarily coming from less industrialized countries to the more industrialized countries of Europe and North America.”

Je continuerai d’utiliser le terme immigration de masse. Pour appuyer cet usage, j’ajouterai une courte phrase dans le premier paragraphe de l’introduction en donnant l’article de Binh Pok en référence.

Commentaire #15

« Quant à l’utilisation de l’expression « bagage génétique », elle semble totalement inappropriée. Le patrimoine génétique peut être un révélateur de l’ascendance ethnique, mais est-il le sujet d’intérêt de cet article? Ne joue-t’on pas, de façon équivoque, sur deux tableaux? »

Réponse de l’auteur :

Le sujet de l’article est l’ethnie canadienne-française. Ethnicité et bagage génétique vont de pair. On ne fabriquera pas un Canadiens-français au sens ethnique avec de l’ADN de Chinois comme on n’obtiendra pas un berger allemand avec de l'ADN de chihuahua.

Commentaire #16

« Les explications quant à la méthodologie sont incomplètes. On parle de modèles, d’algorithmes, de mécanique, mais une meilleure description de l’équation démographique de base pourrait être utile. Le tableau 1, malgré sa dimension importante, est peu informatif. Les lecteurs qui n’ont pas déjà des connaissances des projections démographiques et des diverses composantes de la croissance (qu’on appelle ici augmentation démographique?) auront de la difficulté à s’y retrouver. »

Réponse de l’auteur :

Dans le domaine des sciences pures et appliquées d’où je proviens, la vulgarisation dans les revues scientifiques est réduite au minimum quand elle n’est pas absente. On considère que le lecteur possède certaines notions de base et qu’il possède l’intelligence requise pour apprendre et aller chercher par lui-même les notions qu’il ne maîtrise pas. Je suis surpris d’apprendre qu’il en est autrement dans le domaine des sciences humaines. De plus, les revues que j’ai considérées pour la soumission de mon article sont souvent limitées en terme de nombre de mots (5 000 à 10 000 mots), ce qui restreint fortement les possibilités de vulgarisation.

Afin de simplifier la compréhension de la méthodologie, je vais ajouter le paragraphe suivant à la méthodologie. « Les estimations et prédictions (ou projections) suivent le modèle général par cohortes et composantes (Bohnert et al 2015) tel que présenté par l’équation ci-dessous.  La méthode trouve ses spécificités dans le calcul des composantes de l’accroissement et dans la division de la population en cinq groupes. » Ce qui était implicite deviendra donc explicite. 

Commentaire # 17

« Il serait capital de bien définir la population de base des projections. On ne décrit pas très
bien non plus les composantes de la croissance, ni ne fournit de liens vers d’autres documents
pouvant apporter de l’information à ce sujet. Enfin, l’information sur la façon dont les divers
paramètres (p. ex. taux de mortalité) ont été calculés est lacunaire. »

Réponse de l’auteur :

La population à la base des projections est la suivante, telle que présentée dans le premier paragraphe de la méthodologie : « La population québécoise a été segmentée en trois grands groupes : Canadiens-français du Québec (CFQ), Canadiens non-français (CNF) dont les ancêtres sont arrivés avant 1971, immigrants et descendants d’immigrants (IDI) dont la majorité des ancêtres sont arrivés après 1971. » Tels que présentés dans le paragraphe d’introduction, « en 1971, 79.0 % des Québécois appartiennent au groupe ethnique canadien-français, 10.6 % au groupe canadien-anglais et 10.4 % à de tiers groupes ».  Ainsi en terme ethnique, en 1971, nous avons 79% de Canadiens-français et 21% de Canadiens non-français. Nous comptabilisons ensuite les immigrants et leurs descendants arrivés après 1971. Tel que spécifié, les chiffres de 1971 proviennent de démographe Robert Maheu (1973) dont la référence est inscrite dans la section références.

De plus, la façon dont les paramètres ont été calculés est simple, suffisante et efficace. Il est inutile de dire qu’elle est lacunaire si on n’est pas capable de le prouver.

Commentaire #18

« Les hypothèses de projection sont très peu justifiées. On ne semble pas croire utile de
montrer la plausibilité des hypothèses de projection. Or, la qualité des résultats dépend de
cette plausibilité. Une bonne partie de l’étude est consacrée à la description sommaire des
hypothèses; cela reste pourtant brouillon. Un tableau récapitulatif unique, mais plus complet,
pourrait possiblement aider à améliorer la situation. »

Réponse de l’auteur :

De quelle hypothèse l’examinateur parle-t-il? En ce qui concerne la plausibilité des hypothèses, l’analyse de sensibilité permet de voir quel serait l’impact d’une erreur sur ces hypothèses. L’analyse de sensibilité a déjà démontré que le résultat final est très peu sensible par rapport à la valeur des différents facteurs.

De plus, plusieurs éléments ont été comparés à différentes statistiques et travaux. Il ne suffit que de regarder les sections « Comparaison avec la langue parlée à la maison », « Comparaison avec des données confessionnelles » et « Comparaison avec le nombre d’immigrés de première génération » du manuscrit pour ce qui est de la comparaison par rapport à certaines statistiques. De plus, la section « Comparaison avec les résultats de Jacques Henripin » permet de réaliser une comparaison par rapport à la mise en minorité des Canadiens-français du Québec.

Commentaire #19

« Certaines hypothèses sont peu vraisemblables. C’est le cas d’une hypothèse de mortalité
proposant des taux de mortalité fixes (donc une stagnation de l’espérance de vie). Même s’il
est bien possible que cela affecte assez peu la validité des résultats, un traitement plus
rigoureux, dans la projection, sinon dans l’argumentaire, aurait été préférable. »

Réponse de l’auteur :

De 1971 à 2014, j’utilise des taux de mortalité spécifiques chaque année. J’utilise des taux de mortalité par âge qui évolue de 1971 à 2014 basés sur les données de Statistique Canada.  De 2014 à 2050, il faudrait extrapoler l’évolution de l’espérance de vie. Les démographes ont pour habitude d’extrapoler et de supposer une hausse de l’espérance de vie comme ce fut le cas historiquement. Je suis d’avis que c’est toujours pertinent de le faire si on extrapole à court terme sur quelques années, par contre, je pense qu’il n’est plus pertinent de le faire sur le long terme. Depuis quelques années, plusieurs spécialistes prévoient que l’épidémie d’obésité actuelle pourrait réduire l’espérance de vie des Nord-Américains puisque l’incidence des cancers, accidents cardio-respiratoires et cas de perte d’autonomie sera en augmentation. En 2005, le « New England Journal of Medicine » publiait un article intitulé « A Potential Decline in Life Expectancy in the United States in the 21st Century” : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmsr043743.

Devant de telles incertitudes, je suis d’avis qu’il vaut mieux utiliser une espérance de vie constante pour 2014 à 2050 basée sur celle de 2014.  Cet article du « Population Reference Bureau »  illustre bien mon propos : http://www.prb.org/Publications/Articles/2005/WillRisingChildhoodObesityDecreaseUSLifeExpectancy.aspx.

Commentaire #20

« Les choix faits quant aux analyses de sensibilité semblent, pour la plupart, arbitraires. Il est
difficile, dans ce contexte, d’accorder une quelconque valeur aux résultats. »

Réponse de l’auteur :

Faux. Voici un extrait de la section méthodologie: « La variation de chacun des facteurs est présentée au tableau 6. Le niveau de variation choisi pour le taux d’immigration est basé sur les variations du taux d’immigration des années antérieures; cette variation est de 28 %. La variation des taux de fécondité utilisés ici est beaucoup plus élevée que les variations historiques, ce qui permet de mieux apprécier cet effet. Historiquement, ces variations étaient de 7 % et 3 % respectivement pour les natifs et les immigrants de première génération. Dans le cas du taux de métissage et du taux de rétention, le niveau de variation est basé sur un taux raisonnable étant donné le manque de données historiques permettant de proposer une valeur. La valeur de sortie étudiée est l’année où les CFQ deviennent minoritaires. »

Commentaire #21

Il y a un grand nombre de fautes d’orthographes, d’erreurs de syntaxes, d’omissions de mots,
etc. On amalgame aussi maladroitement les temps de verbes. En fait, la présentation laisse
grandement à désirer.

Réponse de l’auteur :

La mise en page n’est-elle pas de la responsabilité de la revue qui fait la publication? Et je ne vois pas l’intérêt d’envoyer mon article à un correcteur/correctrice avant que celui-ci soit accepté pour publication.

Commentaire #22

« Il y a un grand nombre de graphiques, mais peu sont grandement utiles. »

Réponse de l’auteur :

En total désaccord. Le grand nombre de graphiques permet au lecteur habile d’éviter le texte et de tirer un maximum d’informations en un minimum de temps. Lisant moi-même plusieurs articles scientifiques par semaine, je constate que la présence de graphiques permet de sauver beaucoup de temps de lecture tout est y trouvant l’essentiel.

Commentaire #23

« Quelques problèmes de vocabulaire : Méthodologie, dernière phrase du premier paragraphe : « …d’un Québécois et d’un étranger. » Voilà une utilisation bien réductrice du terme « Québécois », non annoncée dans l’article, et un drôle de qualificatif pour parler des personnes nées à l’extérieur du pays, mais y ayant immigré et y habitant.

Réponse de l’auteur :

En accord avec la terminologie expliquée plus tôt. Il aurait été effectivement plus juste de parler d’une union entre « un CFQ ou d’un CNF et d’un individu né à l’étranger.» Ceci étant dit, on parle d’un correctif mineur.

Commentaire #24

« Quelques problèmes de vocabulaire : La « substitution des Canadiens-français par des immigrants… ». Il existe des termes plus adéquats, plus neutres, et aussi plus précis pour décrire les changements dans une population au cours du temps (notamment, le concept de renouvellement d’une population).

Réponse de l’auteur :

Faux. On ne parle pas du renouvellement d’une population, on parle véritablement d’un remplacement de population. Le renouvellement d’une population native par une population nouvellement arrivée est un euphémisme visant à fausser les perceptions. Et c'est là qu’on peut distinguer le phénomène d’immigration à celui d’immigration de masse. Il ne fait aucun doute que plusieurs quartiers de Montréal qui étaient originellement peuplés de Canadiens-français ont été transformés par la substitution démographique des Canadiens-français par les immigrants - il serait faux de parler de « renouvellement de population ».  Il en va de même pour l’île de Montréal en général, qui connaît une substitution de sa population par une population immigrante, les Canadiens-français ayant tendance à quitter pour la rive nord et la rive sud.  

Commentaire #25

« Quelques problèmes de vocabulaire : « Ce groupe de la population est responsable de la quasi-totalité […]. Sur 43 ans, ce groupe a fait augmenter la population de 1,5 million … ». Il serait plus adéquat de dire que la croissance de la population a été observée principalement parmi les immigrants et leurs descendants.

Réponse de l’auteur :

Bien vu. Le terme quasi-totalité est exagéré et j’aurais dû employer le terme majorité, qui est plus approprié. Ceci étant dit, on parle d’un correctif mineur.

Voici le paragraphe en question.
 « Ce groupe de population est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation de la population québécoise. En 43 ans, ce groupe a fait augmenter la population de 1.5 million d’individus, ce qui correspond à 73 % de l’augmentation de la population québécoise de 1971 à 2014. L’augmentation de cette tranche de population est due au fort taux d’immigration, à une fécondité légèrement supérieure à celle des CFQ et au fait que les enfants issus du métissage ont été attribués à ce groupe. »

Commentaire #26

Le terme de « métissage » est-il approprié dans le contexte de cette étude? L’utilisation
du terme « métis » peut aussi porter à confusion, les métis correspondant généralement à
un groupe particulier de la population canadienne.

Réponse de l’auteur :

Le terme métissage est en effet un terme qui m’a causé certains maux de tête.  C’est pourquoi j’ai créé le terme « pseudo-métissage » pour décrire une réalité spécifique à l’étude. Le pseudo-métissage a été décrit dans la méthodologie :

« L’étude ci-présente s’intéresse à une définition précise des Canadiens-français du Québec. Comme définis en introduction, les Européens autres que français contribuent déjà pour 2.4 % du patrimoine génétique des CFQ et les Autochtones, pour 1.5 %. Nous admettons ainsi un certain échange entre les peuples déjà présents. Nous ne considérons pas le métissage entre les peuples déjà établis au Canada avant l’apparition de l’immigration de masse. Par contre, nous considérons les enfants issus d’un couple ayant un parent né au Québec et un parent né à l’étranger comme métisse, peu importe son origine ethnique. Nous utiliserons ainsi un terme propre à l’étude pour considérer ce facteur : le « pseudo-métissage », car notre interprétation peut différer d’une définition plus stricte du métissage. 

Je vais simplifier davantage la notion de métissage dans le texte et je vais ajouter une note explicative à la première utilisation du terme. 


Évaluateur externe #2

" This paper is unacceptable due to its many deficiencies: conceptual (what population do the
author or the authors actually study ?), data (no review of what census can measure in term of
ethnicity, language, etc,), theoretical (no discussion on the meaning of ethnicity in the Québec
context, for instance), methodological (need to look at what demographers do, projections by
component method), and even data presentation."

Réponse de l’auteur 
  • "what population do the author or the authors actually study"

o   Le relecteur a-t-il lu l’article?

  • "no review of what census can measure in term of ethnicity, language, etc"

o   Je pense m’être suffisamment exprimé sur le manque de rigueur des données de recensement au niveau de l’ethnicité.

  • "no discussion on the meaning of ethnicity in the Québec context, for instance"

o   Je pense avoir été clair à ce sujet dans le chapitre d’introduction.

  • "need to look at what demographers do, projections by component method"

o   Ce dernier commentaire me laisse sceptique par rapport au travail du relecteur. A-t-il réellement lu l’article?  Les « projections by component method » qu’utilise Statistique Canada sont présentes ci-dessous :


Ceux qui auront lu la section méthodologie de mon article seront à même de constater que je tiens compte de chacun de ces facteurs et que mon approche suit cette méthode. C’est dans la spécificité et dans l’application que ma méthode devient complexe (utilisation de cohorte de 1 an d’âge, analyse fine par rapport au taux de mortalité par âge et taux de fécondité par âge, population décortiquée en 5 sous-groupes, interrelation entre les 5 sous-groupes par le biais du pseudo-métissage, etc).

Avec pour objectif de simplifier la compréhension de la méthodologie, je vais ajouter le paragraphe suivant à cette section. « Les estimations et prédictions (ou projections) suivent le modèle général par cohortes et composantes (Bohnert et al 2015) tel que présenté par l’équation ci-dessous. La méthode trouve ses spécificités dans le calcul des composantes de l’accroissement et dans la division de la population en cinq groupes. » Ce qui était implicite deviendra donc explicite. 


En résumé

Bien qu’il aurait été préférable de faire paraître les résultats de cette étude dans un journal scientifique ou académique, ceux-ci paraîtront sous forme d’un blogue. La lenteur du processus de publication, couplé au fait que la sensibilité du sujet rend probablement les éditeurs frileux quant à la publication de cet article, fait en sorte qu’il est préférable de publier cet article sous un format indépendant et sous forme de blogue. L’analyse de la justification du refus de publication de la part des deux journaux et l’analyse des commentaires des évaluateurs externes permettent de constater que le refus est mal justifié, ce qui laisse sous-entendre des motivations autres. Ceci est compréhensible, puisque le sujet a le potentiel de générer une polémique que les comités éditoriaux de ces journaux n’aimeraient pas gérer. Ceci explique la publication indépendante de cette étude.


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